Comment procrastiner plus efficacement ?


Le pitch :

Si vous êtes un pro de la procrastination, ce qui suit va vous plaire. Remettre les choses au lendemain peut parfois avoir du bon. Arrêtez de vous sentir coupable lorsque vous le faites, mais faites-le en toute conscience : le contexte doit être favorable et cela doit arranger autre chose que votre plaisir personnel.

 

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Crédit Photo : Sajjad Hussain M

En général, on présente la procrastination comme étant le mal incarné. Ne pas exécuter les tâches que l’on s’est fixées au moment choisi, dire « je ferai ça plutôt demain », ferait de nous une personne mal organisée et fainéante. 

 

Je pense qu’il y a plusieurs niveaux de procrastination : 

  • celui qui touche chacun d’entre nous, lorsque nous n’avons vraiment pas envie de faire, ou laissons trainer quelque chose.
  • celui qui repose sur une habitude malsaine, repousser les tâches de façon systématique, qui par conséquent s’accumulent. A ce stade, il y a parfois des impacts organisationnels ou financiers. Et cette désorganisation se remarque souvent chez les personnes concernées, renvoyant une mauvaise image d’elles.

Soyons clairs, ce deuxième niveau n’a rien de bon. C’est l’opposé de l’organisation, et cela signifie que les tâches que vous repoussez ne vous motivent pas. Dans ce cas, il faut vous poser les bonnes questions : d’où viennent ces obligations ? Qu’avez-vous besoin de changer ? Si ce sont de bêtes tâches ménagères, à vous de trouver les raisons qui vous motiveront pour les faire. Car non, vous n’allez pas rester dans cette situation ! Souvenez-vous qu’en faire un peu tous les jours vous évitera d'avoir à en faire trop d'un coup. Accordez-vous une récompense, ce mécanisme primitif est encore très efficace. 

 

Ceci étant dit, intéressons-nous au premier niveau. Supposons que vous ayez déjà atteint une organisation respectable. Vous classez vos tâches par projet, par priorité, vous les programmez sur votre agenda. Quelle satisfaction ! Lorsque j’avais atteint ce niveau, j’étais tellement satisfait que devoir repousser ou re-programmer ce qui était figé sur mon planning me rendait malade. J’avais passé du temps à tout planifier, mais parfois, mon niveau d’envie ou d’énergie n’était pas compatible. Et je ne savais plus ce que je devais écouter : mon programme établi à l’avance ou mes envies à l’instant T. Si je suivais mes envies, pour faire autre chose et repousser ce que j’avais planifié, un sentiment de culpabilité venait me hanter.

 

Jusqu’à ce que je tombe sur cette citation d’André Gide : « L’intelligence est la capacité d’adaptation ». C’est en s’adaptant que l’espèce humaine est devenue telle qu’on la connait aujourd’hui. Pour qu’il soit vraiment efficace, votre planning aussi doit savoir s’adapter. Vous le constituez sans avoir la maîtrise du contexte dans lequel il évoluera. Or, chaque tâche demande un certain niveau d’énergie et de concentration, plus ou moins élevé. Vous pouvez prévoir une tâche, mais l’accomplir se fera en fonction de vos disponibilités en énergie et concentration au moment venu. Et cela ne se prévoit pas.

 

Souvent, j’écris les articles de ce blog en plusieurs fois. Je suis mon inspiration et le déroulement des idées. Il y a des jours où tout arrive très vite, même plus rapidement que je ne tape sur le clavier ! D’autres, j’écris puis j’efface, je tente d’expliquer un concept mais impossible de sortir un texte valable. Ces jours là, je sais qu’il faut tout de suite arrêter, et trouver autre chose à faire. Ma concentration n’est pas au bon niveau pour cela. J’adapte mon planning à mes niveaux d’énergie et de concentration à l’instant T.

 

C’est à ce moment là que la décision de repousser votre tâche ne sera plus de la procrastination, si vous le faites pour pouvoir mieux vous y atteler à un autre moment, pour adapter votre planning à votre vie.

 

Exemple concret : si je planifie une séance de sport tous les mardi à l’avance, c’est pour que cela devienne une habitude, en la prévoyant je force mon agenda à se bâtir autour, et non l'inverse (voir l’article sur les habitudes clés). Que cette séance se fasse le mardi ou le mercredi a finalement peu d’importance pour moi. Alors, lorsque le mardi venu je rentre chez moi sans la motivation de faire du sport, je me demande si c’est un petit caprice personnel (auquel cas je me rappelle pourquoi je veux faire du sport) ou si c’est une cause d’énergie ou même de contexte. Un mauvais déjeuner, une fatigue ou tout simplement un projet prioritaire dans les objectifs sont autant de raisons qui peuvent changer le contexte. Et amener à modifier le programme.

 

Savoir s’adapter, c’est faire preuve d’intelligence. Rester coller à ce qui est prévu juste par fierté, c’est idiot.

 

Pour en revenir à cette idée de procrastination, vous passez ainsi d'un sentiment de culpabilité à la satisfaction d’avoir su vous adapter ! Dans les prochains jours, prêtez attention à ce que vous faites : était-ce planifié ? Avez-vous repoussé des tâches ? Pourquoi ?

 

Maitriser son agenda, c’est comme programmer un GPS : vous prévoyez le chemin vers votre objectif, mais une fois sur la route, les déviations ne sont pas exclues…



Willy Amann Comédien Voix Off

Willy Amann

 

A la fois entrepreneur et salarié, gérer mon temps est un impératif. Auprès des techniques de productivité, j'ai trouvé une passion. La productivité ? C'est le rapport entre une production et les ressources mises en oeuvre pour l'obtenir. A tester, réfléchir ou utiliser : plus qu'une aide au quotidien, ces techniques constituent un vrai mode de vie. Elles sont ici partagées à qui voudra se les approprier. 

 

Ma méthode : gérer sa vie comme une entreprise. Etre plus efficace pour profiter de chaque instant.


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