Souffrez-vous d’un nouveau mal appelé précrastination ?



Le pitch :

Vous avez bien lu, ici on ne va pas parler d’un terme que vous connaissez certainement, la procrastination, mais plutôt de son opposé : la précrastination. En avez-vous déjà entendu parler ? Il s’agit actuellement de l’une des plus grosses erreurs montantes en productivité. Voici comment la reconnaître et y remédier. 

 

Temps de lecture :

environ 4'53



La précrastination

En tant que coach en productivité, l’un des principaux maux que je suis appelé à résoudre est certainement la procrastination. Le fait de remettre les choses au lendemain par manque de temps ou de motivation est un défaut à la mode. On en parle partout, cela se ressent car on y vient rapidement dès la première séance. Et c’est une réalité. Nous procrastinons tous, plus ou moins, mais cela peut parfois être bénéfique, il ne faut pas se flageller ! (voir mon article à ce sujet

 

La procrastination n’est pas nouvelle, ni générationnelle. Cependant, elle masque dangereusement une tendance tout à fait moderne et diamétralement opposée : la précrastination.

 

A force de vouloir combattre la procrastination, et d’essayer de ne rien remettre à plus tard, on tombe dans une course à vouloir faire tout, tout de suite. Dès que ça arrive. Parce que ”comme ça, ce sera fait” !

 

Traiter ce petit dossier tout de suite, appeler quelqu’un maintenant ou répondre à cet email dans la minute : quand on veut devenir plus productif, on est tentés de vouloir avancer plus vite. Pour autant, cela ne veut pas dire faire tout de suite ce qui peut attendre le lendemain. C’est à dire, précrastiner.

 

Inventée par David Rosenbaum, professeur de psychologie à l’Université de Californie à Riverside, la «précrastination» est un piège de productivité peu connu. Aujourd'hui plus que jamais, nous sommes tentés de valoriser la gratification à court terme, le plaisir instantané. Vous obtenez un résultat immédiat, mais avec un risque d’une dépense d'efforts inutiles qui aurait pu être évitée avec un peu de planification.


Pourquoi nous précrastinons

La recherche sur la précrastination est encore jeune. Certains pensent que cela est lié à «l'effet d’urgence» : il nous pousse à choisir en priorité des tâches perçues comme urgentes, face à d’autres qui ont des délais confortables, mais qui peuvent pourtant être plus importantes.

 

Egalement, des études récentes ont montré que précrastiner pourrait libérer nos capacités cognitives. Nous sommes généralement capables de conserver environ quatre informations dans notre mémoire à court terme. On imagine alors que notre mémoire peut facilement être encombrée de tâches et de distractions sans importance. En d'autres termes, on aurait envie d’exécuter des tâches directement, pour pouvoir arrêter d'y penser. 

 

S’organiser en avance pour exécuter ensuite : c’est le secret de la productivité. Et faire les choses au moment où elles viennent à vous est à l’opposé de ce qu’on recherche. Vous vous faites ainsi dicter votre rythme de travail par vos tâches.

 

En voulant trop vous avancer, ou en faisant autre chose que ce que vous aviez prévu, vous allez littéralement faire descendre votre productivité en flèche.

 

J’entends souvent que la productivité consiste à produire un maximum de choses en un minimum de temps. Et je m’efforce le plus possible d’expliquer que c’est faux, qu’il s’agit en fait de faire les bonnes choses au bon moment. Cela implique de canaliser votre attention sur votre travail le plus important à un moment précis. Donc de se refuser à être perméable à toute intrusion extérieure, ou envie de faire ce que vous n’avez pas prévu, ce qui viendrait nuire à votre productivité.


Comment éviter la précrastination ?

Un bon déclencheur qui nous fait précrastiner : notre téléphone qui nous alerte à chaque nouvelle notification (messages, tweets, mails, infos, etc). Que fait-on en général ? On l’attrape pour vérifier et on va cliquer sur cette notification pour lire, voir ou répondre immédiatement. On passe ainsi plusieurs heures par jour à vérifier notre smartphone (oui, environ 5 à en croire les dernières statistiques). On est constamment en attente de réponses aux messages sur les réseaux sociaux ou professionnels (coucou Slack). Ce qui nourrit ce besoin en gratification à court terme.

 

La réduction de la précrastination passe d’abord par la conscience. Sachez la reconnaitre, avant d’agir. Voici quelques conseils :

  • Demandez-vous régulièrement si cette tâche que vous êtes en train de faire était bien celle que vous aviez prévu. Si non, qu’est-ce qui vous a amené là ? Est-ce que ça n’aurait pas pu attendre ? N’aviez-vous pas quelque chose de plus urgent ou important à accomplir avant ?
  • Sachez toutefois quelles tâches vous pourriez exécuter rapidement. Si une tâche ne prend que quelques minutes, il peut effectivement être utile de l'accomplir rapidement afin de libérer votre espace mental. (Voir ”La règle des 2 minutes”)
  • Tenez un agenda et des listes, voire un gestionnaire de tâches. Cela peut sembler anodin, mais extérioriser ce qui encombre votre esprit est une chose aujourd’hui indispensable. Le suivi des rendez-vous, des projets, des tâches et des idées à l'aide d'un bloc-notes ou d'une application vous permet de prendre du recul et de vous organiser. En plus de libérer de l'espace mental, ces outils vous aident à décider où canaliser votre énergie, et comment dépenser votre temps pour ne plus en perdre.
  • Comme nous venons de le souligner, nos smartphones représentent un important déclencheur de précrastination. Evitez de vous exposer aux notifications et de vous laisser dicter ce que vous devez aller y faire. Le meilleur moyen reste de désactiver les notifications de certaines applications, d’utiliser le mode ”ne pas déranger” plus souvent, voire le mode avion, ou simplement d’éloigner votre téléphone.
  • Pensez à votre dernière journée que vous aviez trouvé très productive. Vous n'étiez probablement pas en train de précrastiner de manière frénétique ! Essayez de ralentir et de travailler avec une plus grande intention. Ce que vous perdez en vitesse, vous le compenserez en productivité, en détente et en bonheur.

Écrire commentaire

Commentaires: 0